La grâce en abondance!
image : JillWellington de Pixabay
2 Rois 4, 1-7
Vous savez, la mort d’un être cher est une véritable épreuve.
Une personne que j’ai rencontrée récemment m’a dit qu’il avait enterré dernièrement son frère. Celui-ci, imaginez-vous donc, a laissé derrière lui une lourde dette dont sa famille devait désormais s’acquitter. Cette situation causa bien des soucis et de nombreuses peines à ses proches qui finirent, grâce à Dieu, à s’en sortir.
Chose curieuse, il est peu commun d’aborder les récits de deuil et, surtout, de dettes lors du culte dominical. Ce n’est peut-être pas sans raison que j’ai découvert ce texte pour la première fois cette semaine.
Voilà un texte hors du commun et qui appartient à ce qu’on appelle le « Cycle d’Élisée ».
« Qu’est-ce que c’est? », me demanderez-vous peut-être. Eh bien, un cycle comme celui d’Élisée ou d’Élie constitue un ensemble de récits ayant non seulement le prophète comme sujet, mais aussi et surtout les signes de la grâce. Ces mêmes signes servent à démontrer la présence bienfaisante de Dieu qui se consacre à son peuple. Bienfaisance, cela dit, qui fait l’objet de récits libérateurs comme celui que nous avons lu et où la vie l’emporte sur les puissances de la mort.
Aux alentours de -800 avant Jésus le Christ, un disciple apprécié de son époque retourna à son maître et Seigneur. Un disciple, cela dit, qui était fidèle à Dieu, mais qui laissa derrière lui des soucis financiers importants.
Ma foi, cette situation peut nous être familière. Le décès d’un être proche est un évènement qui nous touche tous et toutes. Or, il arrive que cette personne ait eut des démêlés financiers qui, tristement, lui survécut. Peut-être avez-vous déjà été témoin ou été au beau milieu de ce genre de situation…
Sa femme devenue veuve, elle, se retrouve en bien mauvaise posture. N’ayant aucun moyen de payer les dettes de sa famille, elle se voit contrainte à voir ses enfants partir en esclavage, chose commune dans le monde antique pour s’acquitter de ses dettes. Voulant éviter l’esclavage de ses enfants, elle s’en va voir Élisée, un prophète samaritain dont le prénom peut signifier « Dieu est mon salut ». Considéré de son temps comme un des plus grands serviteurs du Seigneur, Élisée lui recommande d’aller chercher plusieurs jarres et, après avoir fermé la porte derrière elle, de transposer le tout petit reste de parfum dans chacun des récipients.
En lisant ça, on pourrait s’imaginer que la demande d’Élisée consiste à couper un cheveu en quatre! Mais, la veuve s’exécute avec confiance. Elle verse l’huile parfumée dans les jarres que ses enfants lui tendent, certainement anxieuse de cette solution de derniers recours. Et voici que le signe s’opère : le tout petit peu de parfum qu’il restait remplit alors les jarres à ras bord. Avec le peu qu’elle avait, le Seigneur lui a offert l’abondance. Elle est désormais sauvée; ses enfants ne seront pas asservis. La grâce du Seigneur a surabondé dans un geste de confiance.
Ce récit particulièrement riche peut nous faire réfléchir à notre vie et aux soucis que nous portons. Chacun et chacune a beau cultiver sa fidélité au Seigneur, cela ne veut pas dire pour autant que nous soyons préservés des épreuves. Nous sommes bien placés, à notre époque, pour nous faire cette réflexion alors que nombre de disciples traversent des épreuves quant à leur santé, mais aussi leur situation financière. Avec la flambée des prix de la nourriture, mais aussi des loyers, plusieurs doivent composer avec le peu qu’ils ont ou bien, dans certains cas, accumuler des dettes en vue de la survie de leur famille.
Pourtant, quand bien même la douleur et les épreuves sont réelles, ces épisodes de mort dans nos vies n’auront jamais le dernier mot. Voyez-vous, le Seigneur est à l’oeuvre non seulement dans les paroles d’espérance que nous nous adressons les uns aux autres, mais il œuvre aussi derrière les portes closes. Discret, Dieu opère dans l’inattendu. Tout comme il se manifesta à travers la parole de confiance d’Élisée, le Seigneur communique aussi sa grâce à travers la nôtre qui devient offrande.
On peut en être inconscients ou inconscientes, mais Dieu œuvre derrière des portes closes, dans les recoins de nos vies, dans l’ombre de l’existence humaine et de ses épreuves. Il viendra donc un temps où le manque douloureux laissera sa place à l’abondance joyeuse, notre vie passant des ténèbres à la lumière.
Frères et sœurs dans le Christ, nous sommes invités ce soir à persévérer dans la confiance et dans l’espérance. Que notre parole porteuse de la grâce de Dieu ainsi que notre ouvrage porteur de sa bénédiction soient notre offrande de tous les jours. Soyons généreux et généreuses non pas pour recevoir, mais pour faire de sorte que les désirs du Seigneur se réalisent en nous, parmi nous et pour l’ensemble des vivants.
Grâce soit rendue à Dieu à tout jamais!
Amen